Histoire de l'ouvrage

La construction du fort Saint-Gobain débute en 1933,
elle fait partie de la première vague de construction.

Le fort appartient à un système de défense complexe, il protège les voies ferrées, ainsi que la route nationale, avec un autre ouvrage :
le fort Saint-Antoine.

Le fort prend le nom du lieu sur lequel était implantée une usine du groupe Saint-Gobain.

Passé le pont levis, nous pénétrons dans la galerie principale, après avoir franchi la porte blindée coulissante et le sas de pressurisation.

La galerie longue de 250 mètres est équipée d’une voie ferrée sur laquelle circulaient des wagonnets poussés à bras.

Cette galerie dessert toute une série de salles, parfois locaux techniques, parfois pièces de vie.

 

 Entrée du Fort Saint-Gobain

 

De longues galeries

 

Equipage du Saint-Gobain

 

L’équipage était composé de 5 officiers et de 149 sous-officiers et hommes de troupe qui appartenaient pour la plupart au 71ème B.A.F.

Nous retrouvons dans ces ouvrages, différents corps d’armée, comme :

    - Les Transmissions qui s’occupaient, comme leur nom l’indique, des communications.
    - Le Génie qui entretenait toutes les machines de l’ouvrage, comme l’usine de ventilation, groupes électrogènes, etc…
    - Les Artilleurs, qui servaient les pièces.

    



Insigne tissu du 71ème B.A.F.


    

Insigne Secteur Fortifié de Savoie
    



Insigne 174 R.A.P. Replaton

 


Insigne de béret des troupes de forteresse Ligne Maginot

Troupe
    

Officier

 

La vie dans le fort 

Souvent les visiteurs sont impressionnés par le peu de chambrées existantes dans le fort.

Cela s’explique par les rotations effectuées par le personnel de l’ouvrage. En effet, les hommes travaillaient en 3/8, cela permettait d’avoir seulement 2 lits pour 3 personnes.

La cuisine trouve sa place dans l’ouvrage, au milieu du site. Mais il n’y a pas de réfectoire au sein du fort, les hommes se restauraient dans leurs chambrées (pendant que d’autres dormaient ou d’autres encore écrivaient).

Les hommes des fortifications, en règle générale, étaient bien lotis (hors période de combats bien sûr !). Il faut savoir que de grands progrès ont été installés dans ces ouvrages.

Grâce aux progrès techniques de l’époque, les forts connaissent une évolution importante dans leurs installations : les soldats bénéficient, entre autres, du chauffage grâce à l’usine de ventilation et à des appareils électriques.

Attention, ces innovations restent effectives dans chaque ouvrage. De là à dire que tous ces nouveaux matériels fonctionnaient correctement, il y a un grand pas que nous ne ferons pas !

Les hommes se restauraient dans leur chambrée

 

Les progrès de la ligne Maginot 

 

A. La ventilation : constituée de 2 réseaux indépendants : 

Le réseau d'extraction d'air vicié aspire l'air pollué par les moteurs de la centrale, des W.C, des chambres à douille. Le réseau d'air neuf est plus puissant, il prend l'air à l'extérieur et le filtre.

Les ouvrages sont fractionnés en sous-éléments autonomes : la caserne, les postes de commandements, les blocs de combats (isolés par des sas étanches)...

Le réseau d'air neuf possède 2 régimes différents du point de vue du fonctionnement :

 

 

Salle de ventilation

Le régime d'air pur implique que les portes d'entrées soient fermées, mais de manière non étanche, l'air pénètre par les galeries et irrigue l'ouvrage.

Les différents groupes de locaux se ventilent pas brassage en prenant l'air en un point de la galerie pour le rejeter plus loin. Le système de ventilation et d'épuration de l'air pur des blocs agit de manière autonome.

Le régime d'air gazé est enclenché en cas d'alerte. Les portes sont fermées de manière étanche, l'air gazé pénètre par la prise d'air principale. Il est aspiré par les ventilations de la salle de neutralisation, filtré sur les batteries de filtres et refoulé ainsi épuré, dans les galeries de l'ouvrage, où il alimente comme précédemment les locaux. 

 

B. L'eau :

 L'eau est captée en amont de l'ouvrage. Nous pouvons aussi approvisionner le fort en eau potable par des camions citernes, qui déversent leur cargaison dans des cuves très profondes. 

 
C. L'usine électromécanique : 


Cette usine, permet au fort de se fournir en énergie. Elle est équipée de 3 moteurs C.L.M. de 75 C.V. que nous démarions à l'aide de bouteilles d'air comprimé.

Dans les locaux annexes se trouvent des cuves de 36m³ d'eau pour refroidir les moteurs, et d'autres de 24m³de gasoil pour le fonctionnement.

L'énergie produite sert à l'éclairage, aux monte-charges, au chauffage, parfois à l'armement. Un atelier était toujours attenant à l'usine pour permettre une réparation immédiate des pièces mécaniques. 

De cette galerie principale démarrent d'autres couloirs secondaires le long desquels nous croisons d'autres sas de pressurisation. Ces galeries secondaires nous amènent aux postes de combats (ou blocs) au nombre de 4 pour l'ouvrage Saint-Gobain. Ces blocs sont disposés autour de la galerie principale suivant le principe du fort palmé.

 

 

Usine électromécanique

 



Atelier attenant à l'usine

 

 

Le système défensif du fort  

Le bloc E.H.M. :
Défendu par son fossé diamant, le bloc E.H.M.
est muni de meurtrières pour J.M. et F.M.
ainsi que d’un canon A.C. de 37 mm monté sur rail.



Les blocs de combats :
l’ouvrage est équipé de 4 blocs de combats.
    

Fusil Mitrailleur
    

Bloc 1 : ce bloc possède un monte-charge.
Autour de celui-ci s’enroule un escalier qui emmène
le visiteur aux différents niveaux :

Niveau inférieur du bloc :
- P.C.
   - Locaux de stockage et préparation des munitions.

Niveau supérieur du bloc :
- Les chambres de tir (2 mortiers de 81mm).
- Une cloche G.F.M..
- Une sortie de secours.



Mortiers de 81 mm


    


Canon de 75 mm modèle 1931 de casemate du Pas du Roc

 

  Bloc 2 : celui-ci est le plus important de l’ouvrage.

Il possède un monte-charge, et comme le bloc 1,
un escalier s’enroule autour de celui-ci emmenant
le visiteur aux différents niveaux.

Niveau inférieur du bloc :
   - P.C.

- Salle d’artifices.
- Chambrée.

Niveau supérieur du bloc :
- Salle des mortiers.
- Salle de J.M.
- Cloche périscopique
- Canon A.C. de 47 mm monté sur rail.


Bloc 3 : celui-ci possède une cloche périscopique et un créneau optique,

qui permet la communication
par signaux lumineux avec le fort Saint-Antoine.   

 


Jumelage de Mitrailleuses de type Reibel.


Plan incliné à 45°
    

Bloc 4 : ce dernier est desservi par un plan incliné à 45°,
qui permettait de descendre, à l’aide d’un treuil à bras,
les munitions et matériels.

Ce bloc possède une chambre de tir équipée de 2 J.M.

Tous les blocs étaient équipés de goulottes permettant
d’envoyer des grenades à main dans les fossés.


Cloches d'observation, GSM et observations
    

Goulotte à grenade

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